La Musicienne - Blanche Selva

Aller au contenu

Menu principal :

Sa vie son oeuvre

Dès son entrée à La Schola Cantorum en 1902 où elle suit, outre les cours de composition de Vincent d’Indy, ceux d’harmonie, de contrepoint et d’histoire de la musique, Blanche Selva se mit à composer des pièces pour piano et des mélodies. Entre 1910 et 1924 son activité créatrice, absorbée par l’important travail pédagogique qu’elle entreprend, fut quelque peu ralentie, puis après son installation à Barcelone, elle se remet à composer. En 1935, elle gagne le premier prix d’un concours pour dix mélodies sur des poèmes catalans. En 1939, elle termine un oratorio pascal dont le manuscrit a été malheureusement détruit après sa mort.

Le nombre de ses œuvres est cependant peu élevé. On en dénombre un peu plus de trente réunissant une soixantaine de titres. Peu ont été publiées, une majorité est restée à l’état de manuscrit, certaines nous sont connues par les lettres où elle en parle rapidement ; par exemple ce trio dévoilé entre deux programmations de concert ou cette œuvre dont elle vient d’achever l’orchestration du 1er mouvement. Peu de ses œuvres ont été créées lors de leur composition sauf le Rosaire, les Ancêtres du Lys, Les Ancolies, Cloches au soleil et Cloches dans la Brume, plus tard à Barcelone Cants de Lum et 5 titres des Deu Cançons originals.

 Depuis la création de l’Association Blanche Selva, quelques-unes ont été données plusieurs fois en concert. Ainsi, "Le Rosaire" mélodie sur un poème de Francis Jammes a été interprétée par Florence Launay, Jacqueline Laurin et Elodie Favre, accompagnées par Laurent Martin. Damien Top, ténor, a plusieurs fois chanté "Venez sous la tonnelle". On a pu écouter "Cloches dans la brume", "Cloches au soleil" et "Paysage au Soleil couchant" que Laurent Martin joue régulièrement. YouTube permet d’écouter "Cloches dans la brume" dans une interprétation de Jean Dubé. De même Bernat Bailbé, organiste de Saint Philippe Neri à Barcelone donne souvent la petite pièce pour orgue que Blanche Selva écrivit et dédia en 1921 à son directeur de conscience, l’abbé Bellevue.


Les interprétations d’Amanda Favier (violon), de Jacqueline Laurin (soprano) et de Laurent Martin (Piano) d’œuvres de Blanche Selva permettent d’apprécier un choix de compositions grâce au CD "Chants de Lumière" (Ligia 2013). On y trouve les pièces pour piano citées plus haut, des mélodies "Le Rosaire", "Posta del Lluna", "Cap al Tard", "Grill", "Mes de Maria", "Sonet de l’Anima immortal", "La candela plora", "Purissima", "Els Reis", ainsi que quatre pièces pour piano et violon extraites de Cants de Llum "Mar i sol", "Espia-Dimonis", "Ametler florit", "Humoresca". La majorité de ces compositions et les mélodies ont été écrites, sauf le Rosaire composé en 1906, à Barcelone après 1925.

Un deuxième CD a été édité en 2014 en Catalogne sous le titre "Compositores catalanes Generacio noucentista" où quatre mélodies de Blanche Selva figuraient avec six autres compositrices catalanes dont la célèbre Montserrat Campmany. Ce sont aussi "Posta de Lluna", "La candela plora", "Grill", "Cap al Tard" qui ont été sélectionnées par Maria Teresa Garrigosa (soprano) et Silvia Vidal (piano).


Un autre aspect important de l’activité musicale de Blanche Selva s’est porté sur la transcription au piano d’œuvres pour orgue de César Franck. Trois chorals et quatre autres pièces pour orgue ont ainsi été transcrites. Jean Marie Fauquet, dans son livre publié chez Fayard consacré à César Franck, en souligne la difficulté d’exécution. Le pianiste Sodi Braide a récemment interprété les Chorals n° 2 et 3 (disque Lyrinx LYR249). Il ne faut pas oublier la transcription pour piano de "Souvenirs" op. 62 de son maître Vincent d’Indy, donnée le 16 mars 1908 à La Libre Esthétique de Bruxelles.



Blanche Selva termine en 1921 "La Vasque aux colombes", 2ème recueil inachevé de petites pièces dans différents styles, de son ami Déodat de Séverac.


Enfin le dernier volet où Blanche Selva apporta une contribution musicale importante rassemble plus de cent cinquante partitions qu’elle a annotées, doigtées et pour lesquelles elle a donné des conseils d’interprétation. Les compositeurs sur lesquels elle a ainsi travaillé vont de Dagincourt, Frescobaldi ou Rameau à Chopin, Schubert et Joseph Suk, en passant bien sûr par J.S. Bach.

Elle avait aussi établi une méthode d’analyse des œuvres musicales qu'elle exposa à Vincent d'Indy.

Ainsi, en s’affrontant à la composition, Blanche Selva, confirme que la Musique était pour elle, la manifestation de l'Art dont elle s'efforça tout au long de sa vie d'en approcher les rives.

Un premier catalogue a été publié dans la biographie de Blanche Selva, "Une artiste incomparable, Blanche Selva, pianiste, pédagogue, musicienne" (2010). Celui qui suit complète les données recueillies à l’époque par des partitions retrouvées.

Catalogue des compositions





Florence Launay, historienne de la musique, est l'auteur de l'article ci-dessous :

"Blanche Selva et la composition musicale".

Florence Launay, docteur en musicologie de l'Université de Rennes 2, est l'auteur d'un ouvrage issu de sa thèse, "Les Compositrices en France au XIXe siècle" (Fayard, 2006). Elle a également publié des articles sur les compositrices Mel Bonis, Lili Boulanger, Louise Farrenc, Sophie Gail et Armande de Polignac, ainsi que des articles examinant l'accès des femmes aux professions de la musique. Elle est aussi artiste lyrique.





 
Retourner au contenu | Retourner au menu